06.07.2010

Biodifférence

BIODIV.jpgEurope, Afrique, Asie, Océanie, Amérique… pas un continent n’échappe à la biodifférence. Au hasard de ses vacances, impossible d’échapper à la différence de traitement entre êtres vivants. Que l’on se nomme âne, girafe, mouton, singe, zébu, poule ou encore léopard, les conditions de vie différent. Respect de l’animal sauvage, quand il est protégé par des conventions internationales, utilisation à l’excès, sans aucun respect quand on naît bête de somme ou animal dit domestique. Une biodifférence au vu et au su de chacun, autochtone ou touriste. Une biodifférence au goût d’ostracisme. Il peut-être mal vu d’accorder son attention à un chien des rues, à un âne bâté en plein soleil ou à des poulets parqués sans eau sur des marchés. Dissonance cognitive de ces touristes se ruant pour observer animaux sauvages des réserves naturelles et qui détournent leur regard des autres : bétail, animaux de bouche, animaux SDF, simple élément d’un décor exotique. Principe de précaution afin de ne pas heurter la culture locale ? Ou symptôme d’une indifférence à l’égard de certains êtres vivants, jugés inférieurs ? Ne serait-ce pas là une forme de racisme ?

29.06.2010

Brebis galeuses

poisson.jpgLe 28 juin 2010, en première partie de soirée, diffusion d’images insoutenables sur France 3 dans l’émission « Pièces à conviction » : enfermement d’animaux dans des cages minuscules à l’hygiène déplorable, un contrôle sanitaire complexe voire défaillant, des saumons norvégiens auxquels il est fait ingurgiter des pesticides, usages abusifs d’antibiotiques comme facteur de croissance, parfois encouragés par des vétérinaires peu scrupuleux, alors qu’ils favorisent l’apparition de résistance chez l’animal, mais aussi chez l’homme, sardines de la baie de Seine trop chargée en PCB… Après le scandale du bœuf et du veau aux hormones, de la vache folle, des poulets et des œufs à la dioxine, quelle est la prochaine grave menace à la santé publique ? A l’issue de cette émission, une question s’impose : vouloir manger de la viande à tout prix et surtout à bas coût, justifie-t-il une telle menace et de tels actes de barbarie à l’égard de l’animal ?

22.06.2010

Ce que nous apprennnent les animaux

apprendre.jpgChapeau bas à deux revues qui consacrent deux dossiers à ce que nous apprennent les animaux. L’hebdomadaire « Le Point » en date du 10 juin 2010 retrace le portrait du chimpanzé pharmacien et met en lumière la zoopharmacognosie (zôon – animal, pharmakon – remède, gnôsis – connaissance) qui permet de faire profiter l’homme des connaissances de l’animal. L’article apprend que « les chimpanzés savent à quelle dose utiliser les substances pour se soigner ; mieux, ils combinent aussi les effets de ce qu’ils trouvent dans la nature pour améliorer le traitement (…) Leur système d’automédication est incroyablement élaboré ; leur pharmacopée compte près de quarante plantes. » Sont enfin mise en valeur l’automédication d’autres mammifères (ours, hérissons, cerfs, chats, loups, lémuriens, muriquis, éléphants, mangoustes…) et oiseaux. En juin 2010, la revue « Esprit » consacre aussi son dossier mensuel à « ce que nous apprennent les animaux » : questions autour de l’éthologie animale, l’homme devant l’animal : observer une autre intelligence (Dominique Lestel), continuités et ruptures dans le monde animal (Louis Lefebvre), intelligence des animaux : la réponse dépend de la question (Vinciane Despret), comment l’animal nous rend humains (Paul Shepard). L’accumulation d’observations nouvelles sur les animaux non humains n’invite pas seulement à réévaluer leurs capacités réelles (la seiche ou le grillon tout autant que les grands singes), mais aussi à revoir nos conceptions de l’émotion, de la communication, de la transmission, de l’intelligence elle-même (Dominique Lestel). Quand on prend en compte les études sur le comportement des animaux, on doit se demander, au regard des performances dont ils appariassent capables, pourquoi nous refusons de les voir ? Il convient donc d’inverser notre interrogation. Non pas se demander si les animaux peuvent faire aussi bien que nous mais pourquoi il nous est si difficile d’accepter de reconnaître leurs facultés pour ce qu’elles sont (Vinciane Despret) ? Laissons le philosophe Dominique Lestel conclure : « Nous sommes bien des animaux, sans aucun doute des animaux particuliers, mais pas des animaux spéciaux… Dans tous les cursus de zoologie, il devrait y avoir un certificat obligatoire de modestie… »