17.11.2009
Prise de becs
Quand publicité rime avec représentation erronée du monde animal. Depuis octobre 2009, des spots pour les escalopes de poulet d’une célèbre marque française inondent au moment des repas les programmes publicitaires télé. Ils montrent des volatiles dansant le french cancan dans leur poulailler ou dans un paysage bucolique. L’association de la Protection Mondiale des Animaux de Ferme (PMAF) a déposé plainte pour publicité mensongère, estimant que « cette représentation contraste dramatiquement avec la morne vie des poulets élevés en bâtiments industriels ». Dans le passé, des associations de protection animale ont porté plainte contre la maltraitance à l’égard d’animaux dans des œuvres de fiction. Plus besoin de sacrifier des chevaux et des bisons pour réaliser un western, ou de tirer à bout portant sur des lions et des antilopes lors de scènes de safari en Afrique. Un bras de fer s’est désormais engagé entre la PMAF et les lobbies agroalimentaires pour faire prendre conscience à ces derniers qu’ils sont regardés, désapprouvés et condamnés quant à leurs pratiques révoltantes à l’égard d’êtres vivants. Cette prise de becs juridiques a aussi pour conséquence d’éveiller les consommateurs sur les pratiques mensongères de ces groupes de pression industriels et de les mettre face à leurs responsabilités : acheter des produits alimentaires de cette marque, c’est cautionner le mensonge et des conditions d’élevage si infâmes qu’ils doivent être passés sous silence et travestis.
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10.11.2009
Le Monde des bêtes
Dans son édition du 12 novembre 2009, le quotidien Le Monde consacre quatre pages à l’animal, à l’occasion du 21e Forum Le Monde – Le Mans. Des philosophes, des anthropologues, des scientifiques et des artistes s’interrogent : « Comment relativiser l’exception humaine sans sombrer dans une dangereuse confusion entre tous les vivants ? Comment l’homme peut-il prendre ses responsabilités envers l’animal, voire reconnaître avec lui une communauté de destin, sans se comporter lui-même comme une bête ? » Les 10 et 11 novembre 2009, c’était au tour du quotidien Libération de s’intéresser au sort d’un animal, l’éléphant. Dans « Sans défense face au trafic », la journaliste dénonce non seulement le commerce illégal d’ivoire géré par le crime organisé, mais aussi la tuerie des éléphants pour leurs défenses et leur viande. En cette mi novembre, l’actualité n’est pas chargée en événements médiatiquement accrocheurs, l’animal a la cote dans les médias généralistes. Que l’être humain s’acharne un peu moins à faire tourner le monde autour de son nombril, alors c’est l’ensemble du vivant qui gagne en visibilité. Et porter un regard sur le reste du monde et de ses habitants, un regard autre que carnivore et possessif, c’est déjà établir un contact avec l’Autre, le si semblable et si différent, et éveiller l’homme sur ses responsabilités à son égard. Telle est la mission première des médias. Puisse-t-elle se poursuivre…
10:38 Publié dans animal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : animal, bête, média, droits de l'animal, éléphant
03.11.2009
Bioégalité
Dans un article « La Biodiversité, espèce à protéger » paru dans le quotidien gratuit Metro du jeudi 29 octobre 2009, l’alerte est donnée sur le taux de perte actuel des deux millions d’espèces recensées dans le monde, taux cent fois supérieur au taux normal. Un rappel est aussi fait sur l’importance de sauvegarder la biodiversité : « Au-delà de la beauté des tigres et des ours polaires, la biodiversité est surtout utile à l’homme ». Les journalistes ne peuvent-ils donc concevoir l’animal que comme une présence utile à l’homme ? Objet de consommation, gage de survie humaine, l’animal a du mal à se doter d’une représentation médiatique pour ce qu’il est : un habitant de la planète Terre, doté à ce titre des mêmes droits que l’être humain. Le terme biodiversité renvoie à un concept théorique, quasi abstrait, tellement globalisant qu’il condamne l’animal à n’être que le maillon d’une chaîne, un être dépersonnalisé donc dévitalisé, seulement présent sur Terre pour l’existence et le bon plaisir de l’être humain. Il n’est qu’un signal d’alarme, une vigie outil au service de l’être humain, un moyen et non une entité singulière possédant une existence propre. Que le grand requin, que le panda géant, que le gecko à queue feuillue, et bien d’autres, disparaissent devrait provoquer l’indignation de tous, inciter les politiques et les médias à remettre en question nos pratiques à l’égard du vivant, plus qu’à nous rappeler leur utilité pour l’homme et alerter sur les conséquences toujours pour ma pomme, l’homme, de leur disparition, comme si ce dernier détenait le monopole de la vie et du droit à exister, juste pour ce qu’il est. En 1952, dans « Demain les chiens », l’auteur de science-fiction Clifford D. Simak pressent déjà l’apocalypse engendrée par la névrose mortifère de l’homme et les conséquences dévastatrices de son complexe de supériorité sur les autres êtres vivants : « L’Homme tuait tout ce qu’il trouvait sur son chemin : les autres hommes comme les animaux. Il n’avait jamais songé à une grande société animale unique, n’avait jamais rêvé de voir l’ours, le raton laveur et le chat descendre ensemble le chemin de la vie, en faisant des plans communs, en s’entraidant, en bannissant toutes les différences. » Drôle de monde cette biodiversité sans bioégalité, où seule une espèce dispose du droit de vie et de mort sur les autres êtres vivants.
07:57 Publié dans animal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : animal, bête, droits de l'animal, biodiversité


